La sécurité des cyclistes demeure au cœur des préoccupations des usagers. Sur le terrain, deux problématiques majeures apparaissent immédiatement.
- Discontinuités : Les ruptures de tracé sont fréquentes. Devant les ronds-points, sur certaines intersections et à l’approche des grands axes, les cyclistes se retrouvent sans protection physique ni marquage adapté.
- Conflits d’usages : Partage d’espace avec les piétons, stationnements sauvages sur bandes cyclables, manque de lisibilité de la signalétique… autant de freins concrets à la pratique quotidienne.
Dans les faits, la réalisation de pistes séparées de la chaussée (site propre, bordurée) demeure marginale. Les investissements de la commune et de la Communauté d’agglomération du Cotentin se sont, pour l’heure, concentrés sur des actions de sécurisation ponctuelle : passages surélevés, signalisation renforcée au sol (“sas vélo” devant les feux), ralentisseurs. Si ces mesures apportent un progrès immédiat, elles sont rarement à la hauteur de l’enjeu de continuité.
À titre d’exemple concret, l’absence de solution adaptée sur le secteur de la rue Gambetta/avenue de Normandie oblige les cyclistes à de fréquentes interruptions, à descendre du vélo ou à côtoyer de près un trafic dense — situation souvent relevée dans les retours collectés par les associations locales (Vélo Cherbourg en Cotentin, Fédération des Usagers de la Bicyclette).
Un point essentiel à souligner demeure l’investissement engagé : sur la période 2019–2023, ce sont environ 2,5 millions d’euros qui ont été dédiés à la mobilité douce par la Ville de Cherbourg-en-Cotentin, tous quartiers confondus (Source : cherbourg.fr), soit une enveloppe moyenne de 500 000 € par an, très en-deçà de ce que consacrent des villes analogues (à titre de comparaison, Lorient investit chaque année plus du double pour un territoire de taille similaire).