La question des déplacements motorisés alternatifs occupe une place croissante dans les débats locaux. À Coutances, la création d’un service de navettes urbaines marque une étape importante : il s’agit d’un outil de desserte fine, pensé pour relier les quartiers périphériques aux zones de centralité et aux pôles de service (hôpital, gare SNCF, marchés).
Navette gratuite : expérimentations et premiers bilans
- Lancée en septembre 2021, la navette gratuite relie sept arrêts principaux du lundi au samedi, sur une amplitude de 8h à 19h (source : Ville de Coutances).
- Une flotte de deux minibus électriques, capacité de 15 places chacun, adaptée aux voiries étroites de certaines rues anciennes.
- Fréquentation moyenne : 150 à 220 usagers/jour en période scolaire, pic constaté le samedi matin (jour de marché).
Dans les faits, l’initiative a d’abord suscité la curiosité, puis fait émerger des attentes nouvelles : des étudiants du lycée Lebrun, par exemple, ont proposé l’ajout d’un arrêt supplémentaire « campus » lors d’un atelier participatif en décembre 2022. Les usagers réguliers évoquent la ponctualité, mais pointent une fréquence parfois insuffisante lors des événements festifs ou en soirée.
La navette joue ainsi un rôle social entendu, en facilitant l’accès des personnes âgées ou à mobilité réduite. Son modèle – 100 % gratuit pour l’usager, financé par la régie municipale et des fonds de la Région Normandie – suscite interrogations quant à sa soutenabilité à long terme, alors que la fréquentation est en hausse régulière (source : bilan municipal 2023).
Co-voiturage et alternatives partagées : une dynamique à conforter
Le territoire coutançais, comme beaucoup de villes moyennes du département, participe aux dispositifs régionaux de covoiturage (la plateforme Atoumod, relais OuestGo). Concrètement, huit aires de covoiturage sont aménagées autour des entrées de la ville depuis 2021, avec une fréquentation estimée en progression de 12 % par an (source : Syndicat Mixte de Transports de la Manche). Des partenariats avec les grandes entreprises locales – comme Isigny Ste-Mère ou Crédit Agricole – cherchent à instaurer un réflexe domicile-travail partagé.
Un autre point d’attention concerne la mobilité solidaire : l’association Mob’in 50, en lien avec la ville, contribue à la mise en œuvre de solutions de transport à la demande pour les personnes sans véhicule et pour les jurys d’examens ou d’entretien professionnels. Cette démarche touche une centaine de bénéficiaires sur la dernière année scolaire, un chiffre modeste mais qui traduit une réponse de terrain à la précarité de déplacement.