Pressions agricoles et artificialisation : l'enjeu de la restauration
Dans les faits, l’assèchement progressif et la conversion des prairies en terres cultivées ont fait perdre plus de 60 % des zones humides dans le bassin Seine-Normandie depuis la fin du XIXe siècle (source : Agence de l’eau Seine-Normandie, 2022). Ce chiffre impressionnant illustre l’ampleur des transformations.
En 2023, la remontée du niveau de la mer et la multiplication des épisodes de submersions temporaires amplifient la vulnérabilité de ces écosystèmes (GIEC Normand). Les nitrates et pesticides issus de l’agriculture intensive, quant à eux, altèrent directement la qualité de l'eau et menacent l’équilibre biologique.
Concrètement, la dynamique engagée par de nombreux acteurs cherche à freiner, voire inverser cette trajectoire.
La restauration écologique, au cœur de la stratégie locale
Pour comprendre la notion de restauration, il faut aller sur le terrain. Cela consiste à :
- Racheter ou contractualiser certaines parcelles agricoles pour leur rendre leur caractère humide.
- Supprimer ou alléger les dispositifs de drainage là où la biodiversité nécessite des prairies inondables.
- Réhabiliter des mares ou des fossés, véritables refuges à amphibiens.
Entre 2016 et 2022, ce sont près de 2 200 hectares qui ont fait l’objet d’actions de restauration sur le seul Parc naturel régional (Conseil départemental de la Manche).
Un point essentiel : la réussite de ces opérations repose très largement sur le dialogue avec les agriculteurs et les propriétaires privés, acteurs clés du territoire. Ainsi, en 2020, une enveloppe européenne de plus de 3,5 millions d’euros via le programme LIFE a permis d’indemniser les exploitants engagés sur la voie de l’élevage extensif, moins consommateur d’intrants et plus respectueux du fonctionnement hydrologique naturel (LIFE Marais du Cotentin).