La dynamique générée par ces flux ne saurait être comprise sans évaluer leur volumétrie : à titre d’exemple, 70 % des visiteurs optent pour la navette “Passeur” à l’aller, un peu moins au retour, certains préférant la marche à la descente ou lors du coucher de soleil (Normandie Tourisme, 2023).
Concrètement, le pic de fréquentation est atteint durant les vacances scolaires, certains week-ends prolongés et lors des grandes marées. Les données compilées par le Syndicat Mixte Baie du Mont-Saint-Michel font état de :
- environ 9 000 passages journaliers constatés sur la navette “Passeur” au mois d’août 2019,
- plus de 1,5 million de passages annuels sur la seule ligne principale,
- des journées records où plus de 200 allers-retours sont nécessaires pour absorber la fréquentation ; la Maringote, quant à elle, ne transporte que 60 à 80 personnes par jour en moyenne en période estivale.
Pour éviter tout engorgement dramatique, la gestion de la file d’attente se fait selon différentes logiques (présence d’agents, signalétique multilingue, jalonnement numérique pendant la haute saison), et un système de surveillance vidéo complète l’organisation.
Gagner en cohérence territoriale : articulation avec d’autres moyens de transport
La question de la navette ne peut être isolée de la stratégie globale. L’accès automobile jusqu’au Mont n’est plus autorisé hors exception ; le parking d’entrée, immense, recueille véhicules légers, autocars et campings-cars. Des alternatives émergent :
- Liaison ferroviaire SNCF jusqu’à Pontorson, puis navette dédiée SNCF-MSM jusqu’à l’entrée du site en 15 minutes : cette ligne a transporté 153 000 voyageurs en 2022.
- Itinéraires cyclables, cheminements piétons longés d’informations pédagogiques (km à pied, temps estimé, etc.).
Une partie du territoire accentue ses efforts pour encourager l’intermodalité : stationnement vélo renforcé (plus de 200 places créées en 2023), anticipation des liaisons autocar et bus longue distance (BlaBlaBus, FlixBus notamment en saison).